Deuil numérique & IA2 octobre 2026 5 min
Kémitos face à l'explosion du marché de la "death tech"
Le marché de la "death tech" est en pleine explosion, avec des estimations atteignant 79 milliards d'euros d'ici 2034. Kémitos se positionne dans un paysage concurrentiel de plus en plus dense, marqué par des fermetures d'entreprises et des questions éthiques croissantes.
Le marché de la "death tech" (technologie de la mort) et de la "grief tech" (technologie du deuil) est en pleine explosion. Selon les estimations, le marché de l'après-vie numérique pourrait atteindre 79 milliards d'euros d'ici 2034. Kémitos, la plateforme africaine qui permet de recréer une présence conversationnelle de personnes disparues grâce à l'IA, se positionne dans un paysage concurrentiel de plus en plus dense.
Un marché en croissance rapide
Le secteur de la death tech connaît une croissance significative :
- 2024 : marché estimé à environ 22 milliards de dollars
- 2034 : prévision de près de 79 milliards d'euros
- Croissance annuelle : environ 13,4 %
Cette croissance est portée par plusieurs facteurs : l'augmentation des actifs numériques, les avancées de l'IA générative, la banalisation des deepfakes et la recherche de nouveaux leviers de monétisation dans l'économie numérique.
Les acteurs du marché
Le marché se divise en deux catégories principales :
La "death tech" : services permettant de gérer les données personnelles après la mort (testaments numériques, coffres-forts numériques, mémoriaux en ligne).
La "grief tech" : services utilisant l'IA pour créer des avatars interactifs de personnes décédées, capables de converser avec les proches.
Parmi les acteurs connus :
- HereAfter AI : permettait de créer son propre avatar virtuel sur la base de ses données personnelles. L'entreprise a fermé en juillet 2026.
- StoryFile : créait des vidéos interactives. L'entreprise a déposé le bilan en 2024 avant d'être rachetée et de se recentrer sur l'entreprise.
- Eternos : s'est rebaptisé Uare.ai et a pivoté vers un "personal AI" pour les vivants, après avoir constaté que la plupart de ses utilisateurs ne se préparaient pas à la mort.
- Replika : application de chatbot qui permet de créer des compagnons virtuels, y compris des avatars de personnes décédées.
- You, Only Virtual : crée des répliques des défunts en utilisant leurs écrits et les enregistrements de leur voix.
Un marché instable
Malgré sa croissance, le marché de la death tech est marqué par une forte instabilité :
- Fermetures : HereAfter AI a fermé en juillet 2026, laissant les familles récupérer leurs enregistrements par e-mail.
- Faillites : StoryFile a déposé le bilan en 2024.
- Pivot : Eternos s'est rebaptisé Uare.ai et a changé de modèle économique.
- Taux de mortalité élevé : plus de la moitié des services ont disparu en l'espace de six ans.
Cette instabilité pose un problème majeur : lorsque une entreprise ferme, les familles peuvent perdre l'accès aux enregistrements et aux avatars de leurs proches décédés, créant une "seconde mort" numérique.
Kémitos : une approche différente
Face à cette concurrence, Kémitos se distingue par plusieurs caractéristiques :
Hébergement en France : conformité au RGPD et à la législation européenne, offrant une protection des données plus forte.
Pas de publicité : le modèle économique ne repose pas sur l'exploitation des données.
Transparence : l'avatar est clairement identifié comme une création IA.
Respect : l'objectif est de préserver la mémoire, pas de remplacer la personne.
Consentement : la plateforme encourage le consentement de la personne concernée lorsque c'est possible.
Les défis du marché
Le marché de la death tech fait face à plusieurs défis majeurs :
Éthique : la création d'avatars sans le consentement explicite du défunt soulève des questions fondamentales.
Psychologie : l'impact de ces technologies sur le processus de deuil est encore mal compris.
Juridique : le cadre légal reste flou, avec des approches différentes selon les pays.
Commercialisation : certaines entreprises sont accusées d'exploiter le chagrin des personnes endeuillées à des fins lucratives.
Pérennité : la survie des données et des avatars à long terme n'est pas garantie.
L'avenir du marché
Malgré ces défis, le marché de la death tech devrait continuer à croître. Les experts s'accordent sur plusieurs tendances :
- Régulation : les gouvernements et les institutions européennes travaillent à encadrer ces pratiques.
- Normalisation : ces technologies pourraient devenir plus courantes et acceptées socialement.
- Innovation : les avancées de l'IA permettront des avatars plus réalistes et interactifs.
- Consolidation : le marché devrait se consolider, avec des acteurs plus stables et fiables.
À retenir
Kémitos évolue dans un marché en pleine explosion mais instable. La croissance de la death tech est indéniable, mais elle s'accompagne de défis éthiques, psychologiques et juridiques majeurs. La plateforme africaine se distingue par son approche éthique et responsable, mais elle doit faire face à une concurrence croissante et à des questions fondamentales sur l'avenir du deuil numérique.
L'enjeu est de taille : comment concilier innovation technologique et respect de la dignité humaine, tout en accompagnant les personnes en deuil de manière responsable ? La réponse à cette question façonnera l'avenir de nos sociétés face à la mort.
Sources
- Le Temps - Le marché de la «death tech» explose
- BFMTV - Replika, HereAfter, StoryFile : l'IA fait parler les morts
- Tracxn - Death Tech 2026 Market & Investments Trends
- Afterlife AI - The State of Digital Legacy in 2026
- Nydus - Les griefbots promettent du réconfort
- Alpha - Kemitos : Quand l'intelligence artificielle redonne vie aux souvenirs